vendredi 23 décembre 2016
si tout explosait maintenant
comme toujours
comme une tradition
comme une fête de fin d année
je sonne aux portiques
de tous les aéroports de la terre
c est peut-être parce que
je ne porte pas de talons
pour voyager
mais des semelles un peu vulgaires
c'est ma faute
ou alors c'est la guerre
pas mal d humains foulent le sol
d'autres piétinent le ciel
leurs manteaux en couverture
leurs jupes en pèlerine de facteur
terminal 2D
tous les vols pour Berlin sont annulés
j'ai bien dit
tous les vols sont annulés
il pleut sur le tarmac
et dans les reflets des flaques
des Indiens vendent leurs cheveux
des sourds muets s'agressent
personne ne se doute de rien
je vais à Paris
voir Mamie qui a le cancer
rapiécer sa robe en tissu de parachute
morceaux de soie
et globules blancs
elle résiste Mamie
comme en 40
à coups de souvenirs
à coups de rouge à lèvres
à coups de chimio
rien n' est magique
et moi j' ai rien vécu
et moi j ai rien connu
et moi je continue à parler
personne ne va me dire de la fermer putain?
c' est Noël ou presque
la saison des ulcères
la saison des fleurs forcées
et des cataclysmes ordinaires
j' écris pas
tout est là
terminal 2D
je sonne au portique de sécurité
j' écarte les bras
j' écarte les jambes
j' écarte les seins
j' écarte le chemisier
Mademoiselle du métal sur vous ?
Euh une armure au thorax c'est tout
jeudi 15 décembre 2016
.
y a des jours où j’ai des problèmes avec la vie
d’autres avec la mort
et d’autres encore avec le ménage
laisse pisser bébé...
y a longtemps j’étais anarchiste
y a longtemps j’étais encartée au PS
et puis je me suis mise à la poésie
et demain bordel?
un jour après l’autre...
comme dirait mon papy
qu’a fait la première guerre mondiale
d’autres avec la mort
et d’autres encore avec le ménage
laisse pisser bébé...
y a longtemps j’étais anarchiste
y a longtemps j’étais encartée au PS
et puis je me suis mise à la poésie
et demain bordel?
un jour après l’autre...
comme dirait mon papy
qu’a fait la première guerre mondiale
mardi 13 décembre 2016
dimanche en décembre
ça y est
tu commences à
comprendre
qu’avec les gens
comme moi
y a pas mal de
problèmes et pas trop de solutions
des chantiers qui
n’aboutissent pas
des béances
impossibles
des tenues de
camouflage qui camouflent pas
le coup des
chaussures coquées
le coup des cheveux
rasés
le coup du KO
technique
le coup du corps
parfait
tu me regardes pas
de toutes façons
t’enlèves pas le
bonnet
c’est
trop risqué
tu commences à
comprendre
que perdre le
contrôle
du système qui te
relie aux autres
c’est déprogrammer
les choses
se désaliéner
et que tu ressembles
à un oiseau
et que ta voix me
fait chialer
appuyée sur l’aile
froissée de ma 207
c’est les yeux
dans le béton
c’est armure sur
armure sur armure
tu commences à
comprendre
que je suis pas ta
sœur
pas ton frère
pas ta bien-aimée
pas ton mec
même si je pourrais
je suis pas toi
je suis pas moi non
plus
pas vraiment
pas tellement
je fais de rien mal
mais je fais rien de
bien non plus
le dimanche en
décembre
c’est maladif tu
sais
mais regarde
je crois que ça
vient
je crois que ça y
est
je crois que c’est
bon
je crois que je
commence à comprendre
que je comprends rien
je crois que je
commence à savoir
que je ne sais rien
lundi 12 décembre 2016
Avec Sophie
Pensée rouge
(Des yeux toisent
à l'envers,
on les voudrait harnachés pour que la tête
penche du bon côté)
Sophie Brassart
penche du bon côté)
Sophie Brassart
mercredi 7 décembre 2016
Avant de dormir
Faut que je pense à
des choses simples qui m’apaisent, des choses classiques comme
un jardin, une forêt ou une plaine j’aime bien -on t’a
mise dans un sac- faut que je visualise, que je m’auto-hypnose,
c’est possible avec la technique du conte métaphorique et facile
-on t’a mise dans un sac poubelle noir putain- j’
imagine une situation agréable, dans un endroit agréable, un
souffle qui me traverse, un parfum, un bruit, n’importe quoi du
moment que c’est agréable -on a mis ton corps dans un
sac noir et on l’a refermé- et plein de lumière d’enfance
car oui il faut remonter par paliers les stades de l’ existence
jusqu’ in utero -on t’a enfermée dans un sac et on t’a
amenée dans un champ- et puis canaliser les pensées
négatives en les concentrant dans son poing gauche, prendre de
bonnes inspirations -on a balancé ton corps dans un putain de
champ à la sauvage- et transférer les pensées noires dans le
poing droit qui renferme des moments de grâce de l' existence
forcément vécus -on t’a laissé crever dans un champ ton
petit corps fracassé putain de merde- et sentir à quel point le
corps et l’esprit sont immédiatement soulagés -on t’a
laissée pourrir ton tout petit corps en décomposition la nuit
surtout depuis je ne peux plus dormir je pense à tes organes
fracassés et à ton squelette avec les trous de tes orbites qui me
regardent comme jamais- et ça comme remède à toute
situation difficile ou épreuve que la vie nous propose, ne pas
dramatiser et dormir l’esprit tranquille - et un jour ce sera moi.
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