vendredi 20 octobre 2017
mercredi 18 octobre 2017
aujourd’hui je me suis carrément ennuyée
pas envie de faire le ménage
pas moyen de sortir un poème
personne à qui téléphoner
c’est bête
pas de copine à qui parler du tournant que ne prend pas ma vie
pas de mec à qui exposer mes constats identitaires et sexuels
toute l’ambiguïté de ma féminité
et puis d’autres trucs qui me hantent un peu
alors j’ai pris une feuille et
j’ai fait la liste de mes qualités
j’ai noté « problème avec l’éducation nationale »
j’ai noté « coups de latte »
j’ai noté « rit très fort avec n’importe quel vin »
et puis voilà
ça fait pas beaucoup je me suis dit
mais c’est déjà énorme
ensuite j’ai écrit « en vrai les gens ne vont pas bien »
« en vrai y a pas un putain de type, une fille, un vieux dans ce monde qui ne porte pas de masque »
« en vrai il y a une blessure sous chaque masque »
en vrai la vérité est un concept à la con
puisque je ne m’appelle vraiment pas Pénélope
et que ça ne change rien à tout ce que j’ai écrit au-dessus
ça ne change rien à rien
et surtout pas à la couleur de ton rhum magique Jerry
« beauté de la brume » tu disais
et moi « orage électrique dans le thorax »
et toujours ce putain de prix à payer
ces morceaux de peau qu'on doit abandonner sur les barbelés
un clou rouillé entre les dents pleines de rires
le vent tourne bizarre depuis quelques temps
et je te parie que dalle qu’on ne passera pas l‘hiver
pas envie de faire le ménage
pas moyen de sortir un poème
personne à qui téléphoner
c’est bête
pas de copine à qui parler du tournant que ne prend pas ma vie
pas de mec à qui exposer mes constats identitaires et sexuels
toute l’ambiguïté de ma féminité
et puis d’autres trucs qui me hantent un peu
alors j’ai pris une feuille et
j’ai fait la liste de mes qualités
j’ai noté « problème avec l’éducation nationale »
j’ai noté « coups de latte »
j’ai noté « rit très fort avec n’importe quel vin »
et puis voilà
ça fait pas beaucoup je me suis dit
mais c’est déjà énorme
ensuite j’ai écrit « en vrai les gens ne vont pas bien »
« en vrai y a pas un putain de type, une fille, un vieux dans ce monde qui ne porte pas de masque »
« en vrai il y a une blessure sous chaque masque »
en vrai la vérité est un concept à la con
puisque je ne m’appelle vraiment pas Pénélope
et que ça ne change rien à tout ce que j’ai écrit au-dessus
ça ne change rien à rien
et surtout pas à la couleur de ton rhum magique Jerry
« beauté de la brume » tu disais
et moi « orage électrique dans le thorax »
et toujours ce putain de prix à payer
ces morceaux de peau qu'on doit abandonner sur les barbelés
un clou rouillé entre les dents pleines de rires
le vent tourne bizarre depuis quelques temps
et je te parie que dalle qu’on ne passera pas l‘hiver
mardi 17 octobre 2017
j'ai l'impression qu'il pleut et pas que dehors
à 3h46 de la nuit
en principe
je trouve que décembre sent la mort
et que les tours de magie ne fonctionnent plus
en principe
je trouve que décembre sent la mort
et que les tours de magie ne fonctionnent plus
des fois j’ ai une sensation bizarre dans la bouche
un goût de sueur
ou de sang
un écoulement toxique peut-être
j’ ai le sentiment qu’on est devenus un peu vieux
que nos corps vocifèrent en silence
comme des malades mentaux
qu’ils ne rebondissent plus comme avant
qu’ils s’écrasent un peu lourdement contre les choses
à 3h46
en principe
je trouve pas la bonne position
je me cours après j ’ ai l ’ organe qui cogne
je me rejoue des scènes de la veille ou d ’ il y a dix ans
dans une sale version de moi-même
des débris de réalité
une légère erreur dans le calendrier
un genre de latence qui fait pas de bien du tout
alors j ’évite de regarder par la fenêtre
j ’ ai toujours peur d’apercevoir quelque chose d ’ horrible
un chien en train de mourir
ou pire même
à 3h46 cette nuit
j ’ ai trouvé que l’ amour n’existait pas
qu’ on était très doués pour les trucs ratés
faire chialer le piano
se passer de trajectoires
et au fond c ’ est pas si mal
parce qu’ une certaine poésie se dégage de là
il est 3h46 depuis des années
et je te dis tout ça
parce que j ’ ai l ’ impression qu’ il pleut aussi chez toi
et pas que dehors
un goût de sueur
ou de sang
un écoulement toxique peut-être
j’ ai le sentiment qu’on est devenus un peu vieux
que nos corps vocifèrent en silence
comme des malades mentaux
qu’ils ne rebondissent plus comme avant
qu’ils s’écrasent un peu lourdement contre les choses
à 3h46
en principe
je trouve pas la bonne position
je me cours après j ’ ai l ’ organe qui cogne
je me rejoue des scènes de la veille ou d ’ il y a dix ans
dans une sale version de moi-même
des débris de réalité
une légère erreur dans le calendrier
un genre de latence qui fait pas de bien du tout
alors j ’évite de regarder par la fenêtre
j ’ ai toujours peur d’apercevoir quelque chose d ’ horrible
un chien en train de mourir
ou pire même
à 3h46 cette nuit
j ’ ai trouvé que l’ amour n’existait pas
qu’ on était très doués pour les trucs ratés
faire chialer le piano
se passer de trajectoires
et au fond c ’ est pas si mal
parce qu’ une certaine poésie se dégage de là
il est 3h46 depuis des années
et je te dis tout ça
parce que j ’ ai l ’ impression qu’ il pleut aussi chez toi
et pas que dehors
jeudi 5 octobre 2017
the indian runner
hier soir j'ai regardé un film
vieux et culte
et moi j'aime pas les films cultes
parce que j' aime pas le cinéma
je pensais que ça parlerait d' Indiens
mais en fait c'est l' histoire de deux frères
un flic et un rebelle pas commode
vachement violent et pas du tout responsable (le rebelle hein pas le flic)
après une grosse biture dans un bar
après une énième baston pour le plaisir
ils se retrouvent tous les deux dans la pénombre du bistrot
ils s'assoient tout près l'un de l'autre
leurs manches traînent dans le sang
et là y a une prise de conscience
ou une quête de quelque chose manifestement
évidemment que la vie est belle
qu' il dit le rebelle
faut juste avoir un peu d'humour
et l'autre est pas sûr de comprendre
mais c'est pas grave de pas comprendre
lui ce qu' il veut c'est que son frère soit heureux
je précise que leurs parents sont morts y a pas longtemps ( pendant le film )
ils sont en deuil bordel
le frère rebelle se fait des fix
il est défoncé grave
on le voit même à poil à un moment
on voit sa bite
on n'a pas d'autre choix que de regarder sa bite et ses tatouages
un vieux film culte transgressif alors du coup
à la fin il se tire pour toujours
alors que sa femme est belle
amoureuse de lui en plus
et sur le point d'accoucher
je raconte mal
en vrai c'était poignant
mais moi j' aime pas le cinéma
ni les films cultes dans le genre de celui-là
parce qu'après y a un drôle de silence chez moi
un truc impalpable qui me ramène à d autres trucs que j' essaie de refourguer à mon inconscient
et faut aller se coucher
avec des gouffres énormes dans la poitrine
qui me parlent de ma mère qui va mourir un jour
qui m' obligent à marcher toute la nuit dans mes propres pas
avec cette violence tellement logique
avec ces morceaux de cervelle sur les rideaux
j' aime pas le cinéma
parce que je ne comprends pas que c' est un film
je crois que c'est la réalité
d'ailleurs ça l' est
des fois c'est même encore plus réel que la réalité
alors j' étouffe de ce qu'il y a à porter
et je ne m'en remets vraiment jamais
vieux et culte
et moi j'aime pas les films cultes
parce que j' aime pas le cinéma
je pensais que ça parlerait d' Indiens
mais en fait c'est l' histoire de deux frères
un flic et un rebelle pas commode
vachement violent et pas du tout responsable (le rebelle hein pas le flic)
après une grosse biture dans un bar
après une énième baston pour le plaisir
ils se retrouvent tous les deux dans la pénombre du bistrot
ils s'assoient tout près l'un de l'autre
leurs manches traînent dans le sang
et là y a une prise de conscience
ou une quête de quelque chose manifestement
évidemment que la vie est belle
qu' il dit le rebelle
faut juste avoir un peu d'humour
et l'autre est pas sûr de comprendre
mais c'est pas grave de pas comprendre
lui ce qu' il veut c'est que son frère soit heureux
je précise que leurs parents sont morts y a pas longtemps ( pendant le film )
ils sont en deuil bordel
le frère rebelle se fait des fix
il est défoncé grave
on le voit même à poil à un moment
on voit sa bite
on n'a pas d'autre choix que de regarder sa bite et ses tatouages
un vieux film culte transgressif alors du coup
à la fin il se tire pour toujours
alors que sa femme est belle
amoureuse de lui en plus
et sur le point d'accoucher
je raconte mal
en vrai c'était poignant
mais moi j' aime pas le cinéma
ni les films cultes dans le genre de celui-là
parce qu'après y a un drôle de silence chez moi
un truc impalpable qui me ramène à d autres trucs que j' essaie de refourguer à mon inconscient
et faut aller se coucher
avec des gouffres énormes dans la poitrine
qui me parlent de ma mère qui va mourir un jour
qui m' obligent à marcher toute la nuit dans mes propres pas
avec cette violence tellement logique
avec ces morceaux de cervelle sur les rideaux
j' aime pas le cinéma
parce que je ne comprends pas que c' est un film
je crois que c'est la réalité
d'ailleurs ça l' est
des fois c'est même encore plus réel que la réalité
alors j' étouffe de ce qu'il y a à porter
et je ne m'en remets vraiment jamais
Les aubes sont trop violentes pour toi, la plupart du temps. Il te faut
maintenir ton corps au dessus des vagues. Tu as beau essayer, tes talons
ne te rendent jamais sexy. Problème d'âme. Trop sèche, trop méfiante,
atrophiée. Quelque chose est mort, pourri. Depuis toujours peut-être. Ou
même avant. Et puis il y a la gentillesse. Il y a toujours la
gentillesse. Quelque chose d'affable et un peu flasque qui traîne derrière
tes chaussures. Tu ne devrais pas. Tu le sais. Tu te le répètes comme
un De profundis. Comme une injure. Et le monde, cet enculé, se ligue et
tient des paris à ton insu. Les autres sont des bombes prêtes à te
déchiqueter, à te défoncer la pureté. Les autres cherchent toujours ce
truc sacré à saccager. En toi. En eux. En général. Avec une certaine
constance dans la férocité. Les autres, c'est la merde. Et le contrôle
des rêves que tu n'as pas. Ta bouche devant la glace. Ta main devant ta
bouche. Tu ne manges pas. Tu ne t'ennuies pas. Tu ne cherches pas qui tu
es, mais qui être. C'est l' heure. Faut y aller. Les réalités ne
coïncideront pas. Tant pis. Cette bonne vieille sensation d'imposture.
Passionnant et ridicule. Tant pis. Il faut y aller.
Alors elle ira, avec un certain héroïsme dans la déchéance.
Alors elle ira, avec un certain héroïsme dans la déchéance.
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