samedi 30 décembre 2017
J' écris pas
Ni lettre d'amour. Ni lettre d' insulte. Jamais.
J'aime pas ce qui reste après les histoires. Pas de portraits de morts
chez moi. Pas de portraits du tout. Pas de boîte pour résumer mon passé.
En général je préfère le vent. En général je préfère le feu. Pas d'
images. Pas de souvenirs. Pas de dessins sur la peau. Rien graver du
tout. Mes poèmes je peux les brûler. Mon piano je peux le vendre. Je
l'ai déjà fait. C'est peut-être parce que je suis une fille froide comme
le vide. Ou bien que les souvenirs taillent des sillons un peu partout
dans ma maison. J'écris pas. Je n'écris plus. La chute est un peu atroce quand on tombe des étoiles. J'ai remarqué.
vendredi 29 décembre 2017
en fait les choses sont hyper simples
le courant circule entre deux bornes
la nuit arrive et repart à heures fixes
la pluie pleut sur les poubelles
et dans ma cage thoracique c'est exactement pareil
c'est ni bien ni mal
juste simple
en vrai il neige ici
et si je pense à ça
ou à comment tes yeux intègrent la lumière
je n' ai plus vraiment besoin d' écrire des poèmes
le courant circule entre deux bornes
la nuit arrive et repart à heures fixes
la pluie pleut sur les poubelles
et dans ma cage thoracique c'est exactement pareil
c'est ni bien ni mal
juste simple
en vrai il neige ici
et si je pense à ça
ou à comment tes yeux intègrent la lumière
je n' ai plus vraiment besoin d' écrire des poèmes
samedi 23 décembre 2017
J'écris pas
J'ai nuit. J'ai froid. J'ai lutte aussi. Dedans. Dehors.
Déflagrations du métro. Embrouilles. Gout dégueulasse dans la bouche. En
hiver on croise moins les voisins. De loin c'est bien. De près tout est
plus décharné. Les arbres. Les gueules. Les reins de ma chatte. J'écris
pas. Je cherche des trucs qui commencent par p. Poésie. Posture.
Phallocratie. Et oui. Alors? De quel nom j'ai l'air? Quel mot je mérite?
Mes chaussures prennent l'eau. Et ça arrive même aux gens très bien.
Décembre deux mille quelque chose. Dernier apéro avec les ténèbres.
Aucun bilan. Aucune résolution. Traverser juste. Suspendre peut-être.
L'amour c'est pas inné. Le bonheur c'est pas de l 'obligation. C'est
juste de l'aventure. Il est presque Noël. La lumière est dingue. J'
écris pas et je vous emmerde. Avec tout mon amour.
dimanche 10 décembre 2017
la vie est un peu fadasse
les jours de fête
sont complètement nuls
dans mon appartement
les plantes ont fini par mourir comme d’habitude
les choses ne
changent pas
et la banalité
n’est pas un problème au fond
la façon dont les
silhouettes traversent l’espace
la façon dont la
lumière s’attarde sur les corps
nos têtes de cons
sur les photos
on a déjà tout vu
tout vécu
avec nos morts en
moins
c'est tout
en ce qui me concerne
Jésus est encore à
la cave
entre deux cartons
c'est de saison
entre deux cartons
c'est de saison
et je crois qu’il
s’en fout
il se paie le luxe
de la solitude en résidence secondaire
de la chaleur des mammifères
il a pas mal de
thunes sur son compte
lui
j’ai rien contre
Noël
sauf que je déteste
ça
depuis le temps que
ça dure
mais peut-être que
si tout se passe exactement comme pas prévu
et qu'on ne s'en remet à aucune magie
quelque chose
d’humain arrivera vraiment
alors du plus profond de la nuit
nous pisserons ensemble des milliers de paillettes
alors du plus profond de la nuit
nous pisserons ensemble des milliers de paillettes
comme autant d’embardées de diamants vers le ciel
après quelques
verres et deux ou trois tarpés quand même
faut pas déconner
lundi 13 novembre 2017
voilà
l’automne est bien avancé
c'est presque l’hiver d’ailleurs
drôle de saison
la nuit nous serre
les arbres embrassent les squelettes
les papys du quartier parient sur la neige
des marchands ambulants vendent on sait pas quoi
les enfants voudraient rentrer leur tête dans les citrouilles
tout pourrit déjà un peu
ici comme dans l'autre hémisphère
l’automne est bien avancé
c'est presque l’hiver d’ailleurs
drôle de saison
la nuit nous serre
les arbres embrassent les squelettes
les papys du quartier parient sur la neige
des marchands ambulants vendent on sait pas quoi
les enfants voudraient rentrer leur tête dans les citrouilles
tout pourrit déjà un peu
ici comme dans l'autre hémisphère
à ma fenêtre
avec un bon métro de retard
trois corbeaux pendus à une branche
et plus loin un vieux panneau publicitaire sans faute d'orthographe
"c'est la Toussaint, faites des morts"
avec un bon métro de retard
trois corbeaux pendus à une branche
et plus loin un vieux panneau publicitaire sans faute d'orthographe
"c'est la Toussaint, faites des morts"
vendredi 20 octobre 2017
mercredi 18 octobre 2017
aujourd’hui je me suis carrément ennuyée
pas envie de faire le ménage
pas moyen de sortir un poème
personne à qui téléphoner
c’est bête
pas de copine à qui parler du tournant que ne prend pas ma vie
pas de mec à qui exposer mes constats identitaires et sexuels
toute l’ambiguïté de ma féminité
et puis d’autres trucs qui me hantent un peu
alors j’ai pris une feuille et
j’ai fait la liste de mes qualités
j’ai noté « problème avec l’éducation nationale »
j’ai noté « coups de latte »
j’ai noté « rit très fort avec n’importe quel vin »
et puis voilà
ça fait pas beaucoup je me suis dit
mais c’est déjà énorme
ensuite j’ai écrit « en vrai les gens ne vont pas bien »
« en vrai y a pas un putain de type, une fille, un vieux dans ce monde qui ne porte pas de masque »
« en vrai il y a une blessure sous chaque masque »
en vrai la vérité est un concept à la con
puisque je ne m’appelle vraiment pas Pénélope
et que ça ne change rien à tout ce que j’ai écrit au-dessus
ça ne change rien à rien
et surtout pas à la couleur de ton rhum magique Jerry
« beauté de la brume » tu disais
et moi « orage électrique dans le thorax »
et toujours ce putain de prix à payer
ces morceaux de peau qu'on doit abandonner sur les barbelés
un clou rouillé entre les dents pleines de rires
le vent tourne bizarre depuis quelques temps
et je te parie que dalle qu’on ne passera pas l‘hiver
pas envie de faire le ménage
pas moyen de sortir un poème
personne à qui téléphoner
c’est bête
pas de copine à qui parler du tournant que ne prend pas ma vie
pas de mec à qui exposer mes constats identitaires et sexuels
toute l’ambiguïté de ma féminité
et puis d’autres trucs qui me hantent un peu
alors j’ai pris une feuille et
j’ai fait la liste de mes qualités
j’ai noté « problème avec l’éducation nationale »
j’ai noté « coups de latte »
j’ai noté « rit très fort avec n’importe quel vin »
et puis voilà
ça fait pas beaucoup je me suis dit
mais c’est déjà énorme
ensuite j’ai écrit « en vrai les gens ne vont pas bien »
« en vrai y a pas un putain de type, une fille, un vieux dans ce monde qui ne porte pas de masque »
« en vrai il y a une blessure sous chaque masque »
en vrai la vérité est un concept à la con
puisque je ne m’appelle vraiment pas Pénélope
et que ça ne change rien à tout ce que j’ai écrit au-dessus
ça ne change rien à rien
et surtout pas à la couleur de ton rhum magique Jerry
« beauté de la brume » tu disais
et moi « orage électrique dans le thorax »
et toujours ce putain de prix à payer
ces morceaux de peau qu'on doit abandonner sur les barbelés
un clou rouillé entre les dents pleines de rires
le vent tourne bizarre depuis quelques temps
et je te parie que dalle qu’on ne passera pas l‘hiver
mardi 17 octobre 2017
j'ai l'impression qu'il pleut et pas que dehors
à 3h46 de la nuit
en principe
je trouve que décembre sent la mort
et que les tours de magie ne fonctionnent plus
en principe
je trouve que décembre sent la mort
et que les tours de magie ne fonctionnent plus
des fois j’ ai une sensation bizarre dans la bouche
un goût de sueur
ou de sang
un écoulement toxique peut-être
j’ ai le sentiment qu’on est devenus un peu vieux
que nos corps vocifèrent en silence
comme des malades mentaux
qu’ils ne rebondissent plus comme avant
qu’ils s’écrasent un peu lourdement contre les choses
à 3h46
en principe
je trouve pas la bonne position
je me cours après j ’ ai l ’ organe qui cogne
je me rejoue des scènes de la veille ou d ’ il y a dix ans
dans une sale version de moi-même
des débris de réalité
une légère erreur dans le calendrier
un genre de latence qui fait pas de bien du tout
alors j ’évite de regarder par la fenêtre
j ’ ai toujours peur d’apercevoir quelque chose d ’ horrible
un chien en train de mourir
ou pire même
à 3h46 cette nuit
j ’ ai trouvé que l’ amour n’existait pas
qu’ on était très doués pour les trucs ratés
faire chialer le piano
se passer de trajectoires
et au fond c ’ est pas si mal
parce qu’ une certaine poésie se dégage de là
il est 3h46 depuis des années
et je te dis tout ça
parce que j ’ ai l ’ impression qu’ il pleut aussi chez toi
et pas que dehors
un goût de sueur
ou de sang
un écoulement toxique peut-être
j’ ai le sentiment qu’on est devenus un peu vieux
que nos corps vocifèrent en silence
comme des malades mentaux
qu’ils ne rebondissent plus comme avant
qu’ils s’écrasent un peu lourdement contre les choses
à 3h46
en principe
je trouve pas la bonne position
je me cours après j ’ ai l ’ organe qui cogne
je me rejoue des scènes de la veille ou d ’ il y a dix ans
dans une sale version de moi-même
des débris de réalité
une légère erreur dans le calendrier
un genre de latence qui fait pas de bien du tout
alors j ’évite de regarder par la fenêtre
j ’ ai toujours peur d’apercevoir quelque chose d ’ horrible
un chien en train de mourir
ou pire même
à 3h46 cette nuit
j ’ ai trouvé que l’ amour n’existait pas
qu’ on était très doués pour les trucs ratés
faire chialer le piano
se passer de trajectoires
et au fond c ’ est pas si mal
parce qu’ une certaine poésie se dégage de là
il est 3h46 depuis des années
et je te dis tout ça
parce que j ’ ai l ’ impression qu’ il pleut aussi chez toi
et pas que dehors
jeudi 5 octobre 2017
the indian runner
hier soir j'ai regardé un film
vieux et culte
et moi j'aime pas les films cultes
parce que j' aime pas le cinéma
je pensais que ça parlerait d' Indiens
mais en fait c'est l' histoire de deux frères
un flic et un rebelle pas commode
vachement violent et pas du tout responsable (le rebelle hein pas le flic)
après une grosse biture dans un bar
après une énième baston pour le plaisir
ils se retrouvent tous les deux dans la pénombre du bistrot
ils s'assoient tout près l'un de l'autre
leurs manches traînent dans le sang
et là y a une prise de conscience
ou une quête de quelque chose manifestement
évidemment que la vie est belle
qu' il dit le rebelle
faut juste avoir un peu d'humour
et l'autre est pas sûr de comprendre
mais c'est pas grave de pas comprendre
lui ce qu' il veut c'est que son frère soit heureux
je précise que leurs parents sont morts y a pas longtemps ( pendant le film )
ils sont en deuil bordel
le frère rebelle se fait des fix
il est défoncé grave
on le voit même à poil à un moment
on voit sa bite
on n'a pas d'autre choix que de regarder sa bite et ses tatouages
un vieux film culte transgressif alors du coup
à la fin il se tire pour toujours
alors que sa femme est belle
amoureuse de lui en plus
et sur le point d'accoucher
je raconte mal
en vrai c'était poignant
mais moi j' aime pas le cinéma
ni les films cultes dans le genre de celui-là
parce qu'après y a un drôle de silence chez moi
un truc impalpable qui me ramène à d autres trucs que j' essaie de refourguer à mon inconscient
et faut aller se coucher
avec des gouffres énormes dans la poitrine
qui me parlent de ma mère qui va mourir un jour
qui m' obligent à marcher toute la nuit dans mes propres pas
avec cette violence tellement logique
avec ces morceaux de cervelle sur les rideaux
j' aime pas le cinéma
parce que je ne comprends pas que c' est un film
je crois que c'est la réalité
d'ailleurs ça l' est
des fois c'est même encore plus réel que la réalité
alors j' étouffe de ce qu'il y a à porter
et je ne m'en remets vraiment jamais
vieux et culte
et moi j'aime pas les films cultes
parce que j' aime pas le cinéma
je pensais que ça parlerait d' Indiens
mais en fait c'est l' histoire de deux frères
un flic et un rebelle pas commode
vachement violent et pas du tout responsable (le rebelle hein pas le flic)
après une grosse biture dans un bar
après une énième baston pour le plaisir
ils se retrouvent tous les deux dans la pénombre du bistrot
ils s'assoient tout près l'un de l'autre
leurs manches traînent dans le sang
et là y a une prise de conscience
ou une quête de quelque chose manifestement
évidemment que la vie est belle
qu' il dit le rebelle
faut juste avoir un peu d'humour
et l'autre est pas sûr de comprendre
mais c'est pas grave de pas comprendre
lui ce qu' il veut c'est que son frère soit heureux
je précise que leurs parents sont morts y a pas longtemps ( pendant le film )
ils sont en deuil bordel
le frère rebelle se fait des fix
il est défoncé grave
on le voit même à poil à un moment
on voit sa bite
on n'a pas d'autre choix que de regarder sa bite et ses tatouages
un vieux film culte transgressif alors du coup
à la fin il se tire pour toujours
alors que sa femme est belle
amoureuse de lui en plus
et sur le point d'accoucher
je raconte mal
en vrai c'était poignant
mais moi j' aime pas le cinéma
ni les films cultes dans le genre de celui-là
parce qu'après y a un drôle de silence chez moi
un truc impalpable qui me ramène à d autres trucs que j' essaie de refourguer à mon inconscient
et faut aller se coucher
avec des gouffres énormes dans la poitrine
qui me parlent de ma mère qui va mourir un jour
qui m' obligent à marcher toute la nuit dans mes propres pas
avec cette violence tellement logique
avec ces morceaux de cervelle sur les rideaux
j' aime pas le cinéma
parce que je ne comprends pas que c' est un film
je crois que c'est la réalité
d'ailleurs ça l' est
des fois c'est même encore plus réel que la réalité
alors j' étouffe de ce qu'il y a à porter
et je ne m'en remets vraiment jamais
Les aubes sont trop violentes pour toi, la plupart du temps. Il te faut
maintenir ton corps au dessus des vagues. Tu as beau essayer, tes talons
ne te rendent jamais sexy. Problème d'âme. Trop sèche, trop méfiante,
atrophiée. Quelque chose est mort, pourri. Depuis toujours peut-être. Ou
même avant. Et puis il y a la gentillesse. Il y a toujours la
gentillesse. Quelque chose d'affable et un peu flasque qui traîne derrière
tes chaussures. Tu ne devrais pas. Tu le sais. Tu te le répètes comme
un De profundis. Comme une injure. Et le monde, cet enculé, se ligue et
tient des paris à ton insu. Les autres sont des bombes prêtes à te
déchiqueter, à te défoncer la pureté. Les autres cherchent toujours ce
truc sacré à saccager. En toi. En eux. En général. Avec une certaine
constance dans la férocité. Les autres, c'est la merde. Et le contrôle
des rêves que tu n'as pas. Ta bouche devant la glace. Ta main devant ta
bouche. Tu ne manges pas. Tu ne t'ennuies pas. Tu ne cherches pas qui tu
es, mais qui être. C'est l' heure. Faut y aller. Les réalités ne
coïncideront pas. Tant pis. Cette bonne vieille sensation d'imposture.
Passionnant et ridicule. Tant pis. Il faut y aller.
Alors elle ira, avec un certain héroïsme dans la déchéance.
Alors elle ira, avec un certain héroïsme dans la déchéance.
mercredi 27 septembre 2017
J'écris pas
J'oscille. Et New York ne me fait plus rêver. J'oscille. L'histoire se répète. Il y a qu'on se croirait au théâtre. Dans une pièce sans fin. Mais pleine de valeurs. Dans le rôle du coupable mon frère. Dans le rôle du repenti son double. Trop drôle. La famille. Dans le rôle de mon voisin mon voisin. Moi madame je préfère me prostituer que voler. Moi madame je préfère massacrer mes enfants que voler. Le bien d'autrui c'est sacré. Il en a des défauts. Mon retraité de voisin. Avec sa petite moustache bizarre. Mais voler. Ca non. Il a des valeurs. C'est le mot du jour. Dans le tiroir de sa commode. La revue porno. Le révolver. Les anxiolytiques. Droiture d'esprit et violence. Gentillesse et perversion. Une histoire marrante sur le thème de l'inceste. Pour détendre l'atmosphère. On n'est pas payé cher mais qu'est-ce qu'on rigole. Petite moustache effrayante. Et tout l' amour de la campagne. Moi aussi j'aime bien les animaux. Mais je préfère les gens. La plupart du temps. Je te parle de trucs qui ne s'achètent pas. Je te parle d'aura dans la voix. Je te parle de justesse dans le cri. S'il faut s'envoyer des kilos de barbaque pour être un homme. S'il faut s'arracher les dents. S'il faut se tordre à l'agonie. Au revoir. Je ne suis pas un cobaye.
vendredi 22 septembre 2017
jeudi 21 septembre 2017
j'aurais dû prévenir peut-être
je suis pas faite pour la guerre
j'ai pas le goût
ni le charisme
et ça fait un bail maintenant qu'on se caillasse le coeur
avec le tranchant de nos os
nos egos comme des blockhaus qu'on s'envoie à la gueule
des bombes psychiques
ce sale courant qui nous traverse
ces petits bouts de rochers qu'on ne partage plus
on fait la queue pour voir la mer
de 20h46 à 20h46
avec des sourires de cadavres
après faut dégager
et à la fin le soleil disparaît
voilà c'est ça
je suis pas faite pour me battre
j ai pas l'ambition
je suis qu' une vieille adolescente collée au radiateur
et ce que j'appelle révolte
c' est qu' un rire vague à l' intérieur
des faux coups de poings
une rage un peu flasque
dans les chaussures
les cheveux
rien de plus
j'ai le vin stupide aussi
et ça fait du bien
de pas être intéressante
de parler pour rien
de rire pour que dalle
jusqu'à en chialer
j'aurais dû te dire peut-être
je suis pas faite pour tuer
ni pour être tuée
j'ai pas les épaules
j'ai pas le ventre
j'ai pas
en dépit de tout
et surtout des apparences
mercredi 13 septembre 2017
J' écris pas
Ça arrive parfois. Je suis fatiguée. La ville. Les appels
au secours. Les voisins. C'est fatiguant. Sept milliards d' animaux en
psychanalyse. Les humains savent plus quoi faire de leurs corps. Les
vendre. Les pendre. Les trouer. Les détruire. Les laisser pourrir. Leurs
corps. Ce qui rentre. Ce qui sort. Des kilos de barbaque. Des litres de
sueur. Et cet air conditionné sur la tronche. La peau ne revient plus
aussi vite en place. Je t' ai déjà dit que je préférais
le vent en rafales? Être tendre ou être seule j hésite. Parquer la
douleur dans un périmètre j'hésite. Crever un pneu à Honfleur pourquoi
pas. La vie quoi. La vie sans spectacle particulier. Des fois j'existe.
Des fois c'est les autres. Série de meurtres dans ma tête. L'ancrage ne
se fait toujours pas. Toi aussi tu rêves de calendriers solaires?
D'autoportraits-robots qui te suivent partout tout le temps? Toi aussi
tu as des allergies plein l'inconscient? Changement de rhésus. Tu
permets? J'enfile mon costume. Je vais chialer 5 minutes et je reviens.
Changement de rhésus. Moi qui n' ai jamais cru en rien. Je me mets à
faire des prières. je sais pas trop à qui ni pourquoi. Faites que la
pluie. Faites que le vin. Faites que la sauvagerie. Faites que l'écho.
Faites qu'on bande. Faites que. Faites que. Et puis pour une fois.
L'espace d' une semaine. D' une putain de journée. Simplement. Faites
qu' il n' y ait sur terre plus aucun réseau ni connexion internet.
mercredi 16 août 2017
Pute, ça s’improvise
pas.
Alors pute
insignifiante, t’imagines le taf.
Je ne suis ni assez
courageuse, ni assez fière de mon cul pour ça.
Et puis les talons je supporte pas. Et puis j’ai toujours trop chaud ou trop froid.
Je me plains du temps et des gens.
J’ai eu une enfance plutôt sage. J’ai toujours manqué d’audace. Et je suis de cette génération en voie d’extinction et sûrement un peu con qui ne peut pas baiser sans aimer. Ca m’a valu de pleurer sûrement plus souvent qu’une pute après une passe.
Faut avoir des couilles pour faire pute. Faut être douée en psychologie de la misère et de la bourgeoisie. Faut être un peu infirmière. Faut encaisser la violence. Faut être douée en humains. Et puis en liberté.
Les putes sont pas toujours libres, c'est vrai. Mais la liberté c’est qu’un concept un peu factice, un peu flou, pour faire rêver les sociétés. Un truc pour éviter qu’on foute le feu. Un genre de garde-fous. Pute ou pas, tout le monde de traîne sa petite chaîne, son petit boulet d’acier, sa petite cage qui sent pas bon. Liberté de nourrir sa prison mentale, liberté d’addiction, liberté d’avoir mal dans un monde qui fonctionne pas. Personne n’y échappe vraiment.
Toi non plus. Faut pas être Freud pour comprendre qu’ à chaque fois que tu traites une inconnue de petite pute, tu chiales ta mère. On est tous pareils. On passe nos vies à chialer nos mères. Cherche pas. T’es malheureux. T’es une victime. La nuit, tu appelles. Tu voudrais qu’on t’embrasse les paupières, qu’on te caresse le plexus solaire. Tu voudrais qu’une main douce te rassure les couilles, mais personne le fait. Tu voudrais qu’on te parle de ta puissance, comme Maman, mais personne le fait. Toutes les femmes sont ta mère et toi tu joues au fils de pute. C’est ta misère que tu craches. On a compris. Jouir quand on est seul ça manque de sens oui. C’est insignifiant oui. Toi aussi t’as compris.
Moi tu vois, ce que j’aurais voulu, c’est avoir une place dans ma famille, ne pas avoir été humiliée, savoir gueuler un peu fort, être capable de décevoir mes parents de temps en temps, devenir une fille solide. Chacun ses problèmes.
Aujourd’hui j’ai 39 ans et je suis pas spécialement féministe.
Je veux bien qu’on me traite de pute, mais seulement si c’est moi qui demande.
Et puis les talons je supporte pas. Et puis j’ai toujours trop chaud ou trop froid.
Je me plains du temps et des gens.
J’ai eu une enfance plutôt sage. J’ai toujours manqué d’audace. Et je suis de cette génération en voie d’extinction et sûrement un peu con qui ne peut pas baiser sans aimer. Ca m’a valu de pleurer sûrement plus souvent qu’une pute après une passe.
Faut avoir des couilles pour faire pute. Faut être douée en psychologie de la misère et de la bourgeoisie. Faut être un peu infirmière. Faut encaisser la violence. Faut être douée en humains. Et puis en liberté.
Les putes sont pas toujours libres, c'est vrai. Mais la liberté c’est qu’un concept un peu factice, un peu flou, pour faire rêver les sociétés. Un truc pour éviter qu’on foute le feu. Un genre de garde-fous. Pute ou pas, tout le monde de traîne sa petite chaîne, son petit boulet d’acier, sa petite cage qui sent pas bon. Liberté de nourrir sa prison mentale, liberté d’addiction, liberté d’avoir mal dans un monde qui fonctionne pas. Personne n’y échappe vraiment.
Toi non plus. Faut pas être Freud pour comprendre qu’ à chaque fois que tu traites une inconnue de petite pute, tu chiales ta mère. On est tous pareils. On passe nos vies à chialer nos mères. Cherche pas. T’es malheureux. T’es une victime. La nuit, tu appelles. Tu voudrais qu’on t’embrasse les paupières, qu’on te caresse le plexus solaire. Tu voudrais qu’une main douce te rassure les couilles, mais personne le fait. Tu voudrais qu’on te parle de ta puissance, comme Maman, mais personne le fait. Toutes les femmes sont ta mère et toi tu joues au fils de pute. C’est ta misère que tu craches. On a compris. Jouir quand on est seul ça manque de sens oui. C’est insignifiant oui. Toi aussi t’as compris.
Moi tu vois, ce que j’aurais voulu, c’est avoir une place dans ma famille, ne pas avoir été humiliée, savoir gueuler un peu fort, être capable de décevoir mes parents de temps en temps, devenir une fille solide. Chacun ses problèmes.
Aujourd’hui j’ai 39 ans et je suis pas spécialement féministe.
Je veux bien qu’on me traite de pute, mais seulement si c’est moi qui demande.
mardi 8 août 2017
l’humanité est un trou
je veux dire, les
gens naissent avec des trous dans le ventre. Des trous qu’ils
portent comme des cheveux ou des angiomes invisibles. Des fois
silencieux. Des fois tyranniques. Des trous à la Hitler.
Des trous qui chialent leur mère. Des trous qui veulent être
remplis. C’est nos trous à nous. Nos trous chéris. Nos trous de
merde. Et on finit par
appartenir à nos trous.
D’autres
s’ajoutent après. Alors les trous qu’on est se mettent à courir
les magasins de bouffe, les épiceries, les boutiques d’i-phones.
Les trous boivent beaucoup. Les trous consomment comme des malades
mentaux. Les trous achètent des livres qui parlent de sang et
d’amour in utero. On explique aux trous que c’est bien normal
d’être malheureux et au fond du ah voilà, on rassure les trous à
grands coups de codes, de lois, de réformes pleines d’amitié et
de télé. On cache les trous avec des uniformes et des badges. Les
trous remplissent des autorisations, les trous signent des
formulaires. On leur montre la direction des chemins barbelés. On
vaccine les trous pour qu’ils ne s’infectent pas. On les protège.
Et puis nos trous
rencontrent d’autres trous. Des trous qui baisent d’autres trous.
Des trous qui achètent des terrains et qui bâtissent leurs maisons
sur leurs trous. Leurs gouffres. Ils s’arrachent les ongles, comme
dans les rêves bizarres où on court sur place, où on hurle et que
personne n’ entend et on continue comme ça à porter nos trous
comme des enfants adorés jusqu’à la fin.
Moi aussi je peux
voir les morts et je te jure que c’est pas un don.
Papa m’a dit tu
iras loin ma fille, mais loin c’est flou, loin c’est rien, loin
c’est qu’un trou.
dimanche 9 juillet 2017
lundi 26 juin 2017
Eux aussi auraient bien embrassé l’aube d’été
6h43
les gens sont déjà
sur la route
les gens sourient au
volant de leur voiture
tout le monde se
rend à son point B
c’est beau
c’est bien
les petits arbres
cadastrent le parcours
et les zones de
confort
la machine
fonctionne
c’est humain
on peut en vouloir à
personne
6h47
le génocide
et le cannibalisme
aussi
c’est humain
alors
6h59
la musique triste
c’est pas la peine
je veux dire
la façon dont la
lumière croise les corps côté passager
suffit
7h02
manuel de
développement personnel dans la poche
qui t’explique
comment continuer
quand c’est pas possible
comment faire après être passé sous un camion
comment être
quelqu’un quand t’es pas foutu comme tout le monde
comment avancer avec
un couteau invisible dans le ventre
ça marche qu’ils
te disent
avec ce truc pété
dans le regard
avec des morceaux de verre dans la voix
7h07
et cette impression d'être trop médiocre pour rêver
7h27
50 porcs entassés
dans un camion
50 groins cherchent
frénétiquement de l’air
pour les 50 minutes
qui les séparent de l’abattoir
dans la lueur
sublime de l’aube
Mise en voix: https://soundcloud.com/une-voix/eux-aussi-auraient-bien-embrasse-laube-dete
Mise en voix: https://soundcloud.com/une-voix/eux-aussi-auraient-bien-embrasse-laube-dete
samedi 17 juin 2017
jeudi 15 juin 2017
Je vous préviens j’ovule (c'est le titre)
je vous préviens
l’argumentaire est dégueulasse (dans certains cas c’est contagieux) je
vous préviens la mélancolie est une maladie mentale ( il paraît que
l’intelligence reste intacte) je vous préviens je vais me photographier
le coccyx (ensuite je m’excuserai) je vous préviens j’ai le corps très
laxe ( un jour je déploierai quelque chose en grand) je vous préviens je
vais bientôt disparaître ( ça veut pas dire que je veux mourir) je
vous préviens je vais faire dix-mille pas ( je vais peut-être quitter
l’enfance) je vous préviens je vais cramer des trucs (et puis je me
mettrai à pleurer) je vous préviens je ne suis pas qu’une fille (je ne
fais rien pour arrêter ça) je vous préviens je résiste bien à la douleur
(une fois j’ai accouché au milieu de nulle part) je vous préviens les
choses ont changé (maintenant on cite Shakespeare dans les dessins
animés) je vous préviens je saigne je vous préviens je me baigne que
dans l’océan je vous préviens il n’y a rien après la mort je vous
préviens j’aime pas le 14 juillet je vous préviens tout me tombe des
mains je vous préviens ( parce que je suis quelqu’un de toujours très
poli)
j’préfère vous prévenir que je vous préviens (c’est bien un truc de narcissique blessé...)
j’préfère vous prévenir que je vous préviens (c’est bien un truc de narcissique blessé...)
jeudi 1 juin 2017
parfois les frontières sont poreuses
en général j’écris
pas
mais ce matin en
sortant mon chien
je me suis dit
tiens
je me suis dit
tiens
je pourrais imaginer
un texte
peut-être un poème
un genre de confidence à moi-même
peut-être un poème
un genre de confidence à moi-même
où je placerais
deux ou trois trucs intelligents
des trucs à propos
de neurones miroirs
ou d'hystérie contemporaine
hystérie dérivé
du grec « uterus »
ce serait sûrement
intéressant
et puis ça
justifierait enfin le fait que les femmes
sont
des putain de névrosées originelles
avec un petit côté
salope
c'est tout de suite plus crédible
je parlerais d’une artiste-danseuse polaire
perdue dans son
réseau d’illusions
dont la moitié du
corps serait devenue rigide
à cause d'un excès de chocs émotionnels
à cause d'un excès de chocs émotionnels
et personne
comprendrait
ni son art
ni le reste
et ça s'appellerait
"parfois les frontières sont poreuses"
"parfois les frontières sont poreuses"
bref tout un tas de trucs lus hier
dans un psychologies
magazine de 2007
dans la salle
d’attente du docteur Gilbert
qui fait également vétérinaire
qui fait également vétérinaire
si j'y arrive je
voudrais écrire aussi que
cette nuit j’ai
tourné en bagnole dans le quartier de mon enfance
qu’il y avait du
vomi sous mon ancienne boîte aux lettres
et de l’urine qui puait vraiment plus que de l'urine
et que c’est
vachement facile de me briser
parce qu’il suffit
parfois de dire aux gens qu’ils sont merdiques
pour qu’ils le deviennent
pour qu’ils le deviennent
et puis j’aurais
peut-être fini par une chute
un peu marquante ou
poignante
du genre
il y a des rôles
distribués pour toujours
et parfois être soi
ne réussit pas
seulement je n'ai jamais eu de chien
et puis ça n’aurait rien à voir avec le titre
et puis ça n’aurait rien à voir avec le titre
enfin presque
mardi 30 mai 2017
vendredi 19 mai 2017
jeudi 18 mai 2017
Je me souviens de
cette fille au lycée
Violette
ceinture dorée
collants troués
toujours un petit
miroir à portée de main
captée par tous les
discours
amatrice
d’étiquettes
c’est rassurant au
fond elle disait
d’être une petite
salope
un bon remède à
l’anonymat
un bon moyen de ne
pas disparaître
elle voulait tout
mais trouvait pas souvent
elle enchaînait
les plans galère
les plans cul
les plans sans rien derrière
les plans galère
les plans cul
les plans sans rien derrière
avec l’école la
police les mecs
c’étaient les
meilleurs moments de sa vie il paraît
et elle dessinait ça
au compas à l’intérieur de ses cuisses
elle pouvait pas
être parfaite
alors elle visait
l’abjection Violette
des fois dans les
toilettes
elle faisait des
crises
elle tombait d’un
coup
et se crispait à en
devenir laide
au point que
personne voulait voir ça
à ce point-là
un jour le SAMU l’a
emmenée
alors on l’a revue
au crématorium Violette
enfin juste ceux qui voulaient
enfin juste ceux qui voulaient
et sa mère n’était pas là
on n’a jamais su
pourquoi
mercredi 17 mai 2017
Au sud du nord
tu verras
c’est facile
d’être une fille fantastique
c'est facile d'être psychosée
c’est facile
d’être sur les réseaux sociaux
beaucoup plus que de ne
pas être
avec quelques
phrases choc
tu te hisses au rang
d’idole ou de fils de pute
deux espèces en
voie de prolifération
et quel que soit ton
rôle dans l’histoire
c’est toujours le
même scénario
envoie de la merde
tu reçois de la merde
envoie de l’amour
tu reçois de la merde
merci la poésie
merci la France
c’est pas du
cynisme de ma part
c’est de
l’expérience
c’est de la
tentative
c’est l’histoire
qui se répète
c’est ce qui suinte
d'une éducation
polie jusqu’à l’os
qui cherche à garder le contrôle
des choses incontrôlables
entre ménage et
serviabilité
entre sordide et
lucidité
c’est ce que
j’apprends à chaque fois que je coupe le cordon
c'est-à-dire tous les trois mois
depuis trente ans environ
et cette nuit à un moment j'ai eu
envie
de descendre tous les chemins qui mènent à la mer
de descendre tous les chemins qui mènent à la mer
et de remonter les pentes du
massif de la Clape
et les souvenirs
de cette petite défonce aux effluves de fleurs des montagnes
de mon exhibition de seins nus sous le ciel
c’est pas grand
chose c’est vrai
c’est pas
grand-chose
un simple remède à
la mort
qui me fera
peut-être la semaine
samedi 6 mai 2017
mon voisin mon chien mon chef mon ex et le Christ
j’écris pas. je
fais semblant. qu’est-ce que ça peut bien foutre. l’humain c’est
pas beau. ni aujourd’hui ni demain. une bête sociale mal
dégrossie. suffit de le savoir. on passe bien à l’image. on
accouche en sang de phrases profondes. on parle d’amour. et tout le
monde commence à se détester. on s’en fout. on a besoin de
personne pour rayonner. on prône cette merde solitude. au nom de l'art ou je sais pas quoi. on combat
pour occuper tout l’espace. au milieu du désert. alors on crie.
mais la voix ne porte pas. et puis on s’écroule en larmes dans un
coin de la cuisine. nous les trous béants. nous les crevasses remuantes.
on n’en finit pas de pas se remplir. notre besoin de consolation
etc etc. tout le monde sait ça. on fait semblant et on le fait bien.
on donne des leçons toute la journée. on se maquille le masque
devant la glace. on déambule dans les ports comme des cow-boys. mais
les bateaux eux sont déjà loin. on renifle l’air comme des chiens. on
aboie. mais la voix ne porte pas. j’écris pas. je fais semblant.
qu’est-ce que ça peut bien foutre. la poésie ne sauvera personne.
et personne ne me sauvera.
mercredi 3 mai 2017
Memento
avant que l’air pue trop la merde
avant de commencer à construire les blockhaus
avant qu’on foute les poètes en prison
avant les implants les traceurs
avant la fin de la semaine
avant la fin tout court
ne pas oublier
d’acheter une cabane
trois chèvres
un chien
ainsi que le guide des chemins de la dernière transhumance
tu viens aussi ?
mercredi 26 avril 2017
J'écris pas
j’attends. quelque chose. pub de merde. bruits de vaisselle
dans la tête. vue dégueulasse. voyageur sous les
roues. je ne suis qu’un corps. un gros con de corps. je reconnais rien. Ni le chemin. Ni les murs. c'est symptomatique. c'est moche. et c'est encore dimanche. 20H20. heure-miroir. hormones au
vent. c'est chiant les bilans. ce que je suis pas devenue. ce que je ne
deviendrai jamais. attention. à partir de demain. tout sera comme
avant. entrez. c’est par là. à gauche. à droite. et puis encore
à gauche. alala. trop petit l’isoloir pour baiser. très bien pour
se faire niquer. c’est le pas joli mois de mai. j’attends. pisser
sur les murs des cathédrales. j’attends. que la première capucine
transperce le béton. j’attends. merci la poésie. merci les
connards. j’écris pas. je rêve. j’espère juste. que le chien
ne mourra pas à la fin.
vendredi 14 avril 2017
quand
on en aura marre
de
suivre le sens de la file
et
de procéder comme indiqué sur les panneaux prévus à cet effet
quand
on vomira la ville les murs les agents de sécurité
quand
on aura pigé la dictature des images
les
petits parasites vicieux
sous
la peau dans la bouche et dans les trous
les
salles de cinéma bondées
le
besoin de se remplir les orifices pour avoir l’impression d’exister
quand
la pluie nous brûlera le visage
et
que le vin n'aura plus d'effet
quand
les bébés naîtront avec les bronches atrophiées
et
qu' on sera devenus des animaux malades
quand
les déflagrations nous amèneront au fond des forêts
nous
et nos morceaux de corps
peut-être
qu'on fermera nos gueules enfin
qu'on
finira par entendre quelque chose
peut-être
qu’on reviendra aux arbres
et
qu'on arrêtera de faire semblant de savoir
à
propos de rien
du
silence et de l'eau
peut-être
qu'on improvisera
quelque
chose avec les pierres
avec
les pieds
et
la constance des oiseaux
et
puis
un jour ils viendront tout raser
tout
dévaster
tout
détruire
fleurs
sauvages ombres cailloux poumons
par
transgression
par
jeu
par nécessité
avec des pierres
avec les pieds
avec des pierres
avec les pieds
alors il
restera deux ou trois photos floues
sûrement
mal cadrées
ce
genre de photos qui fout un peu les boules
samedi 8 avril 2017
lundi 20 mars 2017
on a tous un jour
été le héros de quelqu’un
on a tous des
fringues dans l’armoire qu’on a jamais portées
on a tous une image
ou une phrase à la con qui revient surtout la nuit
une petite névrose
qui suinte quand c’est la saison
et on se débat avec
nos mains
et on agite
frénétiquement nos pieds à travers la ville
et puis arrive un
moment
où on commence
toutes nos phrases par «putain»
mêmes révoltes
mêmes thèmes
éculés
on meurt et on
ressuscite plusieurs fois par nuit
et on baise on baise
on baise
parce qu’on n’a
plus le temps
on baise on baise on
baise
c’est ce que font
les prisonniers en conditionnelle
des rêves érotiques
qui finissent dans le sang
des éclats de
lumière
des fractions de
chair
il faut un corps
pour ça
et quand je dis ça
je veux dire résister
oui on baise
des garçons des filles
qu'est-ce que ça change
des garçons des filles
qu'est-ce que ça change
on essaie de toucher
quelque chose quelque part
on traverse la route
on s’éloigne un
peu du bruit
on court
on jette des
cailloux dans l’eau
on jette à s’en
déboîter l’épaule
on jette le plus
fort le plus loin possible
on ouvre grand la bouche
on ouvre grand la bouche
et puis on jouit
en attendant rien
dans un calme
effrayant
samedi 18 mars 2017
vendredi 17 mars 2017
On n'est pas meilleurs
( A Malo)
y a pas de vérité mon amour
pas de puissance supérieure
pas de leçon à recevoir
ni à donner
y a que des gens tu vois
des gens qui marchent dans la rue
des gens avec des histoires vraies
d'autres avec des histoires sales
des gens et des pierres
des chemins pas tracés
l' idée de quelque chose
un mouvement dans l'air
des douleurs d'enfant
des conflits dans les organes
des trous d'obus
des blessures qui ne se soignent pas
des machins dans l inconscient
des armes fabriquées sans le vouloir
un grand cancer généralisé
de la précipitation
des mauvais souvenirs
des mauvais conseils
des questions rhétoriques
de la joie des fois
des choses qui ne s'enseignent pas
des egos durs comme de la glace
des gens qui ont peur des gens
des gens qui croient bien faire
juste des gens
on n'est pas meilleurs tu sais
ni toi ni moi
faudra faire avec
y pas de vérité
pas de réponse
rien qui rassure
sauf la mort
et encore
parfois
ça suffit pas
y a pas de vérité mon amour
pas de puissance supérieure
pas de leçon à recevoir
ni à donner
y a que des gens tu vois
des gens qui marchent dans la rue
des gens avec des histoires vraies
d'autres avec des histoires sales
des gens et des pierres
des chemins pas tracés
l' idée de quelque chose
un mouvement dans l'air
des douleurs d'enfant
des conflits dans les organes
des trous d'obus
des blessures qui ne se soignent pas
des machins dans l inconscient
des armes fabriquées sans le vouloir
un grand cancer généralisé
de la précipitation
des mauvais souvenirs
des mauvais conseils
des questions rhétoriques
de la joie des fois
des choses qui ne s'enseignent pas
des egos durs comme de la glace
des gens qui ont peur des gens
des gens qui croient bien faire
juste des gens
on n'est pas meilleurs tu sais
ni toi ni moi
faudra faire avec
y pas de vérité
pas de réponse
rien qui rassure
sauf la mort
et encore
parfois
ça suffit pas
c'est bientôt la saison des asperges
Je me souviens de ce type qui habitait
au-dessus de chez mes parents
michel
cravate lunettes bretelles
je dirais 1982 ou 83 peut-être
sa bonne femme nous gardait avec d'autres gosses
quand ma mère travaillait trop tôt ou rentrait trop tard
c' est-à-dire tous les jours
elle se méfiait des silences de mon frère
mais elle surveillait mes faiblesses avec cette violence invisible à l' oeil nu
et un énième midi devant mon assiette remplie de trucs
qui puaient d' autres trucs qu' un enfant de 4 ans peut pas comprendre
me voyant pleurer
elle trouva exactement les mots
ne finis pas cette assiette et tu ne revois jamais ta mère
michel, qui un jour avait frappé mon père au visage
pour une histoire de ballon dans le jardin
s'est fait sauter la cervelle hier
avec son fusil
sa bonne femme avec
moitié supérieure de la boite crânienne collée au plafond
une odeur à faire crever les rats
une scène insoutenable selon les flics
voilà voilà
quand ma mère travaillait trop tôt ou rentrait trop tard
c' est-à-dire tous les jours
elle se méfiait des silences de mon frère
mais elle surveillait mes faiblesses avec cette violence invisible à l' oeil nu
et un énième midi devant mon assiette remplie de trucs
qui puaient d' autres trucs qu' un enfant de 4 ans peut pas comprendre
me voyant pleurer
elle trouva exactement les mots
ne finis pas cette assiette et tu ne revois jamais ta mère
michel, qui un jour avait frappé mon père au visage
pour une histoire de ballon dans le jardin
s'est fait sauter la cervelle hier
avec son fusil
sa bonne femme avec
moitié supérieure de la boite crânienne collée au plafond
une odeur à faire crever les rats
une scène insoutenable selon les flics
voilà voilà
jeudi 16 mars 2017
J'écris pas.
On va pas se mentir. Ou alors si. Allez. Tout le monde se
tutoie. C' est plus sympa. Courir en rond sur les collines. Le bonheur à
n'importe quel prix. Les conventions sociales. Les conversations météo.
Il fait humide aujourd'hui. Sais pas faire. Et la dictature des images.
Jamais compris. Les animaux se reniflent. La lumière galvanise. La
pluie fait gamberger. Ça pue la viande ici. De l'autre côté de
l'aquarium. Quelque chose de douloureux derrière les yeux. Et j'ai pas
d'idée. Et j'ai pas de plan B. En revanche une certaine compétence pour
reconnaître les enculés. C' est déjà pas mal. J' écris pas. On va pas se
mentir. Ou alors si. C' est le printemps des poètes à la RATP.
mercredi 15 mars 2017
de la cave
Ne cherche pas sur le trajet qui tu es
La question est morte sur la table au bac de philo
(Marc Guimo, "André Breton a gagné, et les textes longs découragent la plupart des gens" )
La question est morte sur la table au bac de philo
(Marc Guimo, "André Breton a gagné, et les textes longs découragent la plupart des gens" )
vendredi 3 mars 2017
j'ai essayé
je peux rester assise les yeux dans le vide je peux la fermer je peux me
sacrifier je peux détester la ville je peux siphonner une bagnole je
peux me passer des gens je peux embrasser des filles je peux pleurer
longtemps je peux jouir trois fois d'affilée je peux marcher pieds nus
dans la neige je peux me perdre dans ma maison je peux renouer avec des
fantômes je peux danser sur des rails rouillés je peux faire un enfant
je peux avoir l’air solide je peux repérer les escrocs je peux offrir le
kamasutra à ma mère je peux brûler mes poèmes je peux dire des
saloperies dans une église je peux sauter d’un pont de 22 mètres je
peux construire des cages je peux casser des vitres à mains nues quand
j’ai mal…
mais je trouve que ça fait beaucoup pour une journée.
"Vous n'écrivez pas, dites vous dans un commentaire de votre dernier post qui est un embryon ou un fragment d un texte très fort. Parce que vous croyez peut-être que c'est vous qui décidez? Je vous annonce une mauvaise nouvelle: vous écrivez et vous écrirez comme d'autres sont malades ou aveugles ou fous. Vous n'avez pas le choix." J.L.
mais je trouve que ça fait beaucoup pour une journée.
"Vous n'écrivez pas, dites vous dans un commentaire de votre dernier post qui est un embryon ou un fragment d un texte très fort. Parce que vous croyez peut-être que c'est vous qui décidez? Je vous annonce une mauvaise nouvelle: vous écrivez et vous écrirez comme d'autres sont malades ou aveugles ou fous. Vous n'avez pas le choix." J.L.
vendredi 24 février 2017
A la ficelle
petite terrasse en
février
loin des bruits
et loin de Tanger
midi vingt-deux
et la physique des
ondes
il se passe plein de
trucs dans la ville
et l’air dégage
un parfum de folklore
genre quiche aux
endives braisées
rien prévu
rien demandé
mais les petits
hasards s’imbriquent
la lumière sur le
muret
la distorsion du
temps
et nous
tout glisse
avec une évidence
évidente
les passants aux
gueules d’escrocs
les écrivains
egocentrés
les mères
castratrices
la pression des
sabliers
le kamasutra
les petites cases du
ministère
le vocabulaire
vulgaire
et nous
si ça se trouve
la police établit des portraits-robots
la police établit des portraits-robots
mais on s’en fout
on s’en fout
ici le vin se mesure
à la ficelle
et l’instant est
un peu parfait
juste un peu parfait
mercredi 8 février 2017
Je suis l’homme de la maison
et dit comme ça a
l' air marrant
si c’était juste
une question de retourner les codes
et de se raser la
tête
un truc fait exprès
pour la poésie
ce serait drôle et
élégant et
d’autres adjectifs
auxquels j’ai pas pensé
mais chez moi on
n’est que deux
quand c’est la
bonne semaine
sinon on n’est
qu’un
enfin un + un chat
qui dit rien
la plupart du temps
un + le non-sens de
l’anticipation
un + la phobie du
rangement
un + tous les pas
pas assez ci pas
vraiment ça
et ça c’est la
réalité
alors je voudrais
bien qu’on arrête de dire que la patience est une vertu
c’est faux
c’est juste la
faiblesse de ceux
qui se fabriquent des échappatoires
qui nourrissent de l'espoir jusqu'à s'assécher
qui nourrissent de l'espoir jusqu'à s'assécher
ceux qui pissent
dans leur slip
ceux qui craignent
ceux qui fuient dans
leur tête
comme des enfants perdus
et quand je dis ceux
je parle pas des
autres
je parle pas des
autres
je patiente depuis que je suis née
et peut-être même avant
je patiente depuis que je suis née
et peut-être même avant
hier mon fils m’a demandé de réparer son vélo
et puis j’ai changé
le siphon de l'évier de ma cuisine
oui je démonte les portes
oui je démonte les portes
oui je suis l’homme
de la maison
et je fais semblant
de m’ouvrir des bières le soir
et je fais semblant
d’aller au front
comme une princesse ostrogoth
comme une bonne petite fonctionnaire de
l’éduc nationale
comme une papamaman
et je m'écris des mots sur les murs comme
penser à la fermer quand ça va pas
et je m'écris des mots sur les murs comme
penser à la fermer quand ça va pas
mais je vais pas
mentir
il m’arrive de
temps en temps
de pisser dans mon
slip
et même de pleurer
la nuit
mais il paraît que
c’est normal
et que je suis pas
la première
et que je suis pas
la dernière
me dit Rose-Marie ma psy
alors ça va
ça va
ça va...
jeudi 19 janvier 2017
mercredi 11 janvier 2017
carte de voeux
la
santé surtout
merci
bien surtout
rien
à foutre surtout
premier
jour de l’année
se
suicider
se
marier
divorcer
s’enfuir
tiens
bonne idée
faut
arrêter
moi
j’ai pas la formule
moi
j’ai pas de pouvoirs magiques
et
vu la conjoncture
l’année
sera pas spécialement bonne non
désolée
aujourd’hui
il n’y a rien à faire sauf
parler
aux carcasses des oiseaux
leur
raconter des histoires
regarder
errer les biches
dans
le givre des rues
aujourd’hui
il n’y a rien à faire sauf
baiser
la baise
enculer
les enculés
et
pleuvoir sur la pluie
je
crois qu’y a que ça pour me faire tenir
je
crois qu’y a que ça pour me faire sourire
je
crois qu’y a que ça
et
puis toi
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