jeudi 1 juin 2017

parfois les frontières sont poreuses



en général j’écris pas
mais ce matin en sortant mon chien
je me suis dit
tiens
je pourrais imaginer un texte
peut-être un poème 
un genre de confidence à moi-même
où je placerais deux ou trois trucs intelligents
des trucs à propos de neurones miroirs
ou d'hystérie contemporaine
hystérie dérivé du grec « uterus »
ce serait sûrement intéressant
et puis ça justifierait enfin le fait que les femmes
sont des putain de névrosées originelles
avec un petit côté salope
c'est tout de suite plus crédible

je parlerais d’une artiste-danseuse polaire
perdue dans son réseau d’illusions
dont la moitié du corps serait devenue rigide
à cause d'un excès de chocs émotionnels
et personne comprendrait
ni son art
ni le reste
et ça s'appellerait
"parfois les frontières sont poreuses"

bref tout un tas de trucs lus hier
dans un psychologies magazine de 2007
dans la salle d’attente du docteur Gilbert
qui fait également vétérinaire

si j'y arrive je voudrais écrire aussi que
cette nuit j’ai tourné en bagnole dans le quartier de mon enfance
qu’il y avait du vomi sous mon ancienne boîte aux lettres
et de l’urine qui puait vraiment plus que de l'urine
et que c’est vachement facile de me briser
parce qu’il suffit parfois de dire aux gens qu’ils sont merdiques
pour qu’ils le deviennent


et puis j’aurais peut-être fini par une chute
un peu marquante ou poignante
du genre
il y a des rôles distribués pour toujours
et parfois être soi ne réussit pas

seulement je n'ai jamais eu de chien
et puis ça n’aurait rien à voir avec le titre
enfin presque


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