mardi 31 juillet 2018

Ginette la grenouille est morte hier soir
Un coup sur le crâne a suffi
C'etait une soirée d'été on ne peut plus paisible
Et Ginette avait tenté sa première piste noire entre les petits rochers blancs
A l'heure où les rayons obliquent
Un moment parfait
Une vraie carte postale
A l'extrémité d'un lac déserté par les humains
Mais parfois il suffit d'un
Il se trouve que cet un était mon fils
Ça aurait pu être un autre
Ou une bête sauvage
Ça ne change rien

On n' est pas beaux Ginette
On n'est pas très classe
On tourne en boucle dans nos pulsions primitives
On se conduit comme des manches
On ne contemple jamais les choses assez longtemps
On fait des choix malheureux

Ginette reine parmi les reines
Princesse des ancolies

J'entends déjà les " Pas grave Ginette, t'en verras d'autres"
Mais ce coup-ci non
Y en aura pas d'autres

C'est quand même un peu dingue de se dire qu' avec un seul caillou on peut indifféremment
devenir batricide ou juste joliment réinventer le présent
Avec pour seules variables le jour, l'heure et l'angle de la lumière.

samedi 7 juillet 2018

Des fois je me demande
Moi qui cours à une vitesse vertigineuse vers mes 40
Ce que je foutais quand j'avais 20 piges
De mes vacances sans perspective, sans horizon d'attente
Tout ce qui rendait la vie trop rapide
Tout ce qui me portait
Tout ce qui me rendait amoureuse
Les bleus aux genoux

C'était joli
C'était ça la vraie poésie
Rien à foutre de la météo
Rien à foutre d'avoir l'air d'une femme
Rien à foutre des nuits blanches
Ce que je faisais de mes soirées solo aussi
En fait j'en n'avais pas
Je me demande ce qu'il reste aujourd'hui de tout ça
Mais au fond je sais

La lumière
Et le carburant du vent