Les aubes sont trop violentes pour toi, la plupart du temps. Il te faut
maintenir ton corps au dessus des vagues. Tu as beau essayer, tes talons
ne te rendent jamais sexy. Problème d'âme. Trop sèche, trop méfiante,
atrophiée. Quelque chose est mort, pourri. Depuis toujours peut-être. Ou
même avant. Et puis il y a la gentillesse. Il y a toujours la
gentillesse. Quelque chose d'affable et un peu flasque qui traîne derrière
tes chaussures. Tu ne devrais pas. Tu le sais. Tu te le répètes comme
un De profundis. Comme une injure. Et le monde, cet enculé, se ligue et
tient des paris à ton insu. Les autres sont des bombes prêtes à te
déchiqueter, à te défoncer la pureté. Les autres cherchent toujours ce
truc sacré à saccager. En toi. En eux. En général. Avec une certaine
constance dans la férocité. Les autres, c'est la merde. Et le contrôle
des rêves que tu n'as pas. Ta bouche devant la glace. Ta main devant ta
bouche. Tu ne manges pas. Tu ne t'ennuies pas. Tu ne cherches pas qui tu
es, mais qui être. C'est l' heure. Faut y aller. Les réalités ne
coïncideront pas. Tant pis. Cette bonne vieille sensation d'imposture.
Passionnant et ridicule. Tant pis. Il faut y aller.
Alors elle ira, avec un certain héroïsme dans la déchéance.
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