samedi 30 décembre 2017
J' écris pas
Ni lettre d'amour. Ni lettre d' insulte. Jamais.
J'aime pas ce qui reste après les histoires. Pas de portraits de morts
chez moi. Pas de portraits du tout. Pas de boîte pour résumer mon passé.
En général je préfère le vent. En général je préfère le feu. Pas d'
images. Pas de souvenirs. Pas de dessins sur la peau. Rien graver du
tout. Mes poèmes je peux les brûler. Mon piano je peux le vendre. Je
l'ai déjà fait. C'est peut-être parce que je suis une fille froide comme
le vide. Ou bien que les souvenirs taillent des sillons un peu partout
dans ma maison. J'écris pas. Je n'écris plus. La chute est un peu atroce quand on tombe des étoiles. J'ai remarqué.
vendredi 29 décembre 2017
en fait les choses sont hyper simples
le courant circule entre deux bornes
la nuit arrive et repart à heures fixes
la pluie pleut sur les poubelles
et dans ma cage thoracique c'est exactement pareil
c'est ni bien ni mal
juste simple
en vrai il neige ici
et si je pense à ça
ou à comment tes yeux intègrent la lumière
je n' ai plus vraiment besoin d' écrire des poèmes
le courant circule entre deux bornes
la nuit arrive et repart à heures fixes
la pluie pleut sur les poubelles
et dans ma cage thoracique c'est exactement pareil
c'est ni bien ni mal
juste simple
en vrai il neige ici
et si je pense à ça
ou à comment tes yeux intègrent la lumière
je n' ai plus vraiment besoin d' écrire des poèmes
samedi 23 décembre 2017
J'écris pas
J'ai nuit. J'ai froid. J'ai lutte aussi. Dedans. Dehors.
Déflagrations du métro. Embrouilles. Gout dégueulasse dans la bouche. En
hiver on croise moins les voisins. De loin c'est bien. De près tout est
plus décharné. Les arbres. Les gueules. Les reins de ma chatte. J'écris
pas. Je cherche des trucs qui commencent par p. Poésie. Posture.
Phallocratie. Et oui. Alors? De quel nom j'ai l'air? Quel mot je mérite?
Mes chaussures prennent l'eau. Et ça arrive même aux gens très bien.
Décembre deux mille quelque chose. Dernier apéro avec les ténèbres.
Aucun bilan. Aucune résolution. Traverser juste. Suspendre peut-être.
L'amour c'est pas inné. Le bonheur c'est pas de l 'obligation. C'est
juste de l'aventure. Il est presque Noël. La lumière est dingue. J'
écris pas et je vous emmerde. Avec tout mon amour.
dimanche 10 décembre 2017
la vie est un peu fadasse
les jours de fête
sont complètement nuls
dans mon appartement
les plantes ont fini par mourir comme d’habitude
les choses ne
changent pas
et la banalité
n’est pas un problème au fond
la façon dont les
silhouettes traversent l’espace
la façon dont la
lumière s’attarde sur les corps
nos têtes de cons
sur les photos
on a déjà tout vu
tout vécu
avec nos morts en
moins
c'est tout
en ce qui me concerne
Jésus est encore à
la cave
entre deux cartons
c'est de saison
entre deux cartons
c'est de saison
et je crois qu’il
s’en fout
il se paie le luxe
de la solitude en résidence secondaire
de la chaleur des mammifères
il a pas mal de
thunes sur son compte
lui
j’ai rien contre
Noël
sauf que je déteste
ça
depuis le temps que
ça dure
mais peut-être que
si tout se passe exactement comme pas prévu
et qu'on ne s'en remet à aucune magie
quelque chose
d’humain arrivera vraiment
alors du plus profond de la nuit
nous pisserons ensemble des milliers de paillettes
alors du plus profond de la nuit
nous pisserons ensemble des milliers de paillettes
comme autant d’embardées de diamants vers le ciel
après quelques
verres et deux ou trois tarpés quand même
faut pas déconner
lundi 13 novembre 2017
voilà
l’automne est bien avancé
c'est presque l’hiver d’ailleurs
drôle de saison
la nuit nous serre
les arbres embrassent les squelettes
les papys du quartier parient sur la neige
des marchands ambulants vendent on sait pas quoi
les enfants voudraient rentrer leur tête dans les citrouilles
tout pourrit déjà un peu
ici comme dans l'autre hémisphère
l’automne est bien avancé
c'est presque l’hiver d’ailleurs
drôle de saison
la nuit nous serre
les arbres embrassent les squelettes
les papys du quartier parient sur la neige
des marchands ambulants vendent on sait pas quoi
les enfants voudraient rentrer leur tête dans les citrouilles
tout pourrit déjà un peu
ici comme dans l'autre hémisphère
à ma fenêtre
avec un bon métro de retard
trois corbeaux pendus à une branche
et plus loin un vieux panneau publicitaire sans faute d'orthographe
"c'est la Toussaint, faites des morts"
avec un bon métro de retard
trois corbeaux pendus à une branche
et plus loin un vieux panneau publicitaire sans faute d'orthographe
"c'est la Toussaint, faites des morts"
vendredi 20 octobre 2017
mercredi 18 octobre 2017
aujourd’hui je me suis carrément ennuyée
pas envie de faire le ménage
pas moyen de sortir un poème
personne à qui téléphoner
c’est bête
pas de copine à qui parler du tournant que ne prend pas ma vie
pas de mec à qui exposer mes constats identitaires et sexuels
toute l’ambiguïté de ma féminité
et puis d’autres trucs qui me hantent un peu
alors j’ai pris une feuille et
j’ai fait la liste de mes qualités
j’ai noté « problème avec l’éducation nationale »
j’ai noté « coups de latte »
j’ai noté « rit très fort avec n’importe quel vin »
et puis voilà
ça fait pas beaucoup je me suis dit
mais c’est déjà énorme
ensuite j’ai écrit « en vrai les gens ne vont pas bien »
« en vrai y a pas un putain de type, une fille, un vieux dans ce monde qui ne porte pas de masque »
« en vrai il y a une blessure sous chaque masque »
en vrai la vérité est un concept à la con
puisque je ne m’appelle vraiment pas Pénélope
et que ça ne change rien à tout ce que j’ai écrit au-dessus
ça ne change rien à rien
et surtout pas à la couleur de ton rhum magique Jerry
« beauté de la brume » tu disais
et moi « orage électrique dans le thorax »
et toujours ce putain de prix à payer
ces morceaux de peau qu'on doit abandonner sur les barbelés
un clou rouillé entre les dents pleines de rires
le vent tourne bizarre depuis quelques temps
et je te parie que dalle qu’on ne passera pas l‘hiver
pas envie de faire le ménage
pas moyen de sortir un poème
personne à qui téléphoner
c’est bête
pas de copine à qui parler du tournant que ne prend pas ma vie
pas de mec à qui exposer mes constats identitaires et sexuels
toute l’ambiguïté de ma féminité
et puis d’autres trucs qui me hantent un peu
alors j’ai pris une feuille et
j’ai fait la liste de mes qualités
j’ai noté « problème avec l’éducation nationale »
j’ai noté « coups de latte »
j’ai noté « rit très fort avec n’importe quel vin »
et puis voilà
ça fait pas beaucoup je me suis dit
mais c’est déjà énorme
ensuite j’ai écrit « en vrai les gens ne vont pas bien »
« en vrai y a pas un putain de type, une fille, un vieux dans ce monde qui ne porte pas de masque »
« en vrai il y a une blessure sous chaque masque »
en vrai la vérité est un concept à la con
puisque je ne m’appelle vraiment pas Pénélope
et que ça ne change rien à tout ce que j’ai écrit au-dessus
ça ne change rien à rien
et surtout pas à la couleur de ton rhum magique Jerry
« beauté de la brume » tu disais
et moi « orage électrique dans le thorax »
et toujours ce putain de prix à payer
ces morceaux de peau qu'on doit abandonner sur les barbelés
un clou rouillé entre les dents pleines de rires
le vent tourne bizarre depuis quelques temps
et je te parie que dalle qu’on ne passera pas l‘hiver
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