vendredi 27 avril 2018

Paradoxalement

J'ai élu domicile dans ma valise rose à roulettes un peu moche
Tu sais celle qui ne va avec rien
Et qui me va pourtant hyper bien
Pour courir avec toi sur les ponts en fer
En plein été du printemps
Les trottoirs sont dégueulasses
Véritables chiottes à ciel ouvert
Et paradoxalement les rues nettoient les gens de leurs toxines
C'est l'humain qui fait ça
C'est le vent
C'est ce truc invisible qui frôle les corps
Qui fait que parfois tout est juste beau comme un poème qui rime pas
Et que les chiens s'enculent joyeusement
Et que les filles aux terrasses tombent de leurs chaises avec une certaine élégance
(Bourgogne aidant d'accord)


Non la cuiller dans la bouteille de champagne ça marche pas du tout
Oui les vieux sont cons des fois
Mais je les aime bien moi les vieux
Ils m' émeuvent
Avec leur grâce du décalage
Parce qu'ils savent encore faire pousser les fleurs entre deux murs de béton
Et puis moi aussi un jour je serai vieille
Et je filerai ma valise rose à mon fils
Pour qu'il aille voir ailleurs si je n'y suis pas
Bouffer du soleil s'il en reste encore un peu

16h34
Philippe est encore en terrasse décidément
Il est probablement défracté
Mais il écrit nos deux prénoms à la main
Sur la page 1

Paris jouit
Ou alors c'est nous

Tu sais je suis pas chrétienne ni rien
Mais là je me dis mince
Y a quand même un truc qui nous dépasse
Parce que putain
Aujourd'hui je reviens de la capitale avec du sable entre les seins

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